Le mot tourisme apparaît au XIXᵉ siècle, dérivé de l’anglais tour qui signifie voyage ou circuit. Aujourd’hui, l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) le définit comme “l’ensemble des activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et séjours dans des lieux situés en dehors de leur environnement habituel, pour une durée n’excédant pas une année, à des fins de loisirs, d’affaires ou autres.” Autrement dit, il s’agit de voyager pour découvrir, se détendre, apprendre ou travailler, hors de son cadre de vie habituel.
Mais si le mot est récent, l’idée, elle, est beaucoup plus ancienne. Dès l’Antiquité, les Grecs et les Romains se déplaçaient déjà pour des raisons culturelles, sportives ou religieuses. Les Jeux Olympiques attiraient de nombreux visiteurs et les Romains pratiquaient les premières “villégiatures” : des séjours de repos dans leurs villas côtières ou thermales.
Au Moyen Âge, le voyage prend surtout une dimension religieuse avec les grands pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle, Rome ou Jérusalem. Mais les nobles et certains savants se déplacent également pour découvrir de nouveaux horizons ou enrichir leur savoir.
À partir du XVIᵉ siècle, une nouvelle pratique voit le jour : le Grand Tour. Les jeunes aristocrates européens, notamment anglais, entreprennent alors un long voyage de formation à travers le continent. Ils visitent Paris, Venise, Florence, Rome, et parfois Athènes, afin de parfaire leur éducation et de découvrir l’art, la culture et les civilisations antiques. Ce Grand Tour peut être considéré comme l’ancêtre du tourisme culturel moderne.
Le véritable tournant a lieu au XIXᵉ siècle avec la Révolution industrielle. Le développement du chemin de fer facilite les déplacements, les premières stations balnéaires et thermales apparaissent à Biarritz, Vichy ou Deauville, et les hôtels se multiplient. En 1841, Thomas Cook organise le premier voyage en groupe, posant les bases des agences de voyages. C’est à cette époque que le mot tourism commence à se répandre en Europe.
Le XXᵉ siècle marque la démocratisation du voyage. En France, l’instauration des congés payés en 1936 permet aux classes populaires de profiter, pour la première fois, de véritables vacances. Après la Seconde Guerre mondiale, le tourisme de masse se développe grâce à l’automobile, puis à l’avion, ouvrant les portes du monde entier. Les années 1960 et 1970 voient naître les clubs de vacances et l’explosion du tourisme international.
Aujourd’hui, le tourisme est devenu un phénomène mondialisé, qui représente une part importante de l’économie de nombreux pays. Mais il connaît aussi des mutations profondes. Face aux enjeux environnementaux et climatiques, on voit émerger de nouvelles pratiques : tourisme durable, slow tourisme, voyages de proximité… L’envie de voyager reste intacte, mais elle s’accompagne désormais d’une recherche d’authenticité et d’un plus grand respect des territoires et de ceux qui y vivent.